La spirale — Fragment silencieux
Au départ, on les a pas.
On n’attend que ça, on fait au mieux, alors,
un geste, une grimace, un sourire.
Puis on apprend.
Pas tous pareil.
De nos parents, d’un peu plus loin et de plus loin.
Chacun dessine
Une légende ou son chemin.
Mais c’est plus loin.
Et l’on s’exprime
Et ça revient
Comme un refrain
Qui nous enivre.
On change le monde.
Et puis encore.
Et puis encore.
Et puis la chaise
Où l’on s’assoit.
Où on s’assoit.
Et puis encore
On voit ce qui se passe et on laisse faire.
On entend dire et on laisse faire.
On s’habitue.
Les mots reviennent…
Comme en éclats.
Les soirs d’alcool ou de famille.
Et puis demain…
On s’est rassis
On s’est rassis.
Garder la place.
Garder sa place.
On veut pas déranger.
Ni se faire remarquer.
Le monde tourne.
On parle moins,
On compte moins.
Et vient le jour
Où l’on nous sert.
Où l’on nous soigne.
On nous installe.
Pour notre bien.
Et on avale.
Enfant, je n’aimais pas les jouets.
Je m’en méfiais.
J’aimais mieux les vivants.